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L'ère du rien

drapeau_francais.gif Rassurez-vous, je ne vais pas ouvrir une rubrique "homéopathie". Il y aurait tant et tant à dire quer le blog n'y suffirait pas. Mais, de la même manière que j'ai cédé, il y a quelques mois, à la tentation de vous proposer le papier de Cavanna (qui n'est pas un moins que rien) sur le sujet, pour rien au monde je ne voudrais m'empêcher, si cela ne vous fait rien, de poster ce petit article, déjà ancien, paru dans le Nouvel Obs. Mine de rien...

 

Le mystère du triangle des Bouches du Rhône

drapeau_francais.gif Dans mon cours de méthodologie expérimentale, je donnais à étudier ces deux textes (l'un étant la suite de l'autre) parus dans la revue Science et Vie en 1978 (dans les numéros 727 et 729 respectivement) à propos du très troublant mystère (pas encore élucidé de nos jours et dont on semble vouloir nous maintenir dans l'ignorance !) du triangle des Bouches du Rhône. Je les mets en ligne afin que le plus grand nombre en prenne connaissance. Un citoyen averti en vaut deux ...

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Bière ou divan

La France détient deux tristes records : celui de psychanalystes par habitant et celui de la consommation de médicaments psychotropes (anxiolytiques, antidépresseurs, etc.) : en effet, nous en consommons 5 fois plus que les Allemands et 8 fois plus que les Anglais, en augmentation de 7% par an !!! Ces deux records ne sont peut-être pas indépendants (1): dans la mesure où, contrairement à la plupart des pays, nous ne connaissons que la psychanalyse pour soigner nos « bobos de l'âme », et, dans la mesure où elle échoue la plus part du temps, nous nous tournons alors vers les petites « molécules miracle » type « Prozac ».  Le dilemme est donc : pilule ou divan. Mais l'homme n'a pas attendu l'invention des médicaments pour soigner ses états d'âme : que ce soit pour se remonter le moral en cas de déprime ou pour oublier ses peines en cas de cafard, il a découvert la potion miraculeuse par excellence : l'alcool. En effet, vieux comme Noé, en vente libre et sans besoin d'ordonnance, il est bien plus accessible qu'un médicament. Le dilemme devient alors : alcool ou divan. Et puisque dans mon Nord d'adoption, l'alcool par excellence est la bière (« Pils » chez les voisins belges), cela donne : bière ou divan .

(1) l'idée n'est même pas de moi; elle figure dans le fameux  Livre Noir de la Psychanalyse

Ps: cherche compositeur pour coller une musique bien polissonne à ces paroles. Qui sait? Dans les mains (bouches) d'un Johnny ou d'un Florent Pagny cela pourrait même devenir un tube...

  L'incroyable affaire du Master comportementaliste à Amiens

Après avoir beaucoup hésité (car, à l'instar de mon célèbre compatriote Jorge Semprún -que j'admire profondément- j'ai une sainte horreur de jouer les « anciens combattants ») je me décide à publier un certain nombre de pièces du dossier concernant la tentative avortée d'ouvrir un Master professionnel comportementaliste à l'Université d'Amiens, afin qu'il en reste une trace. Je suis persuadé qu'un jour (j'espère, pas trop lointain) cette triste et honteuse affaire paraîtra incroyable en plein XXIème siècle et, qui plus est, dans la patrie des Lumières.

Le premier document est le dossier complet que nous avions adressé au Président de l'Université demandant son arbitrage. Il s'est défaussé sur la Faculté, qui s'est défaussée, à son tour, sur le Département ; c'est-à-dire, retour à la case départ. Tout s'est passé comme si, ayant fait appel auprès d'une juridiction supérieure d'une décision que nous considérions injuste, injustifiée et illégitime, on nous ait renvoyés devant la cour de première instance, celle même qui avait tranché en notre défaveur. Les juristes apprécieront l'absurdité de la situation… Ce document comporte la lettre adressée au Président*, l'argumentaire sur lequel reposait la création de cette nouvelle formation et une série d'annexes (lettres de soutient, pétition des étudiants, prises de position des associations de patients, articles de presse, etc.)

Le deuxième document est une lettre ouverte que j'avais adressée aux étudiants qui entraient en Master de psychologie à la rentrée 2005-2006 pour leur exposer ce qui était réellement en train de se passer derrière leur dos, étant donné que la seule réponse qu'ils avaient obtenue de celui qui était à l'époquele responsable du département sur les motifs du refus d'ouverture du Master pour lequel ils avaient pétitionné avait été le laconique (et désormais célèbre) : «  cela ne vous concerne pas  ». Cette lettre me valut des « gracieusetés » du genre : «  si tu étais dans le privé, on t'aurait viré immédiatement ; d'ailleurs, on va demander des sanctions  ».  (Pincez-moi, je rêve !)   Jouer les gros bras, pourquoi pas; mais le faire avec amateurisme, quelle faute de goût !

Le troisième est une autre lettre (intitulée : je m'accuse) adressée aux étudiants un an plus tard, au retour des vacances de Noël, et le dernier est la lettre (intitulée : merci beaucoup) que, pour solde de tout compte, j'ai envoyée à mes « chers collègues ».

J'aimerais, à titre de conclusion, pour qualifier la conduite de mes collègues, citer les propos de François Bazin dans l'Obs de la semaine dernière (concernant, certes, un tout autre sujet, mais qui, à mon avis, conviennent parfaitement à la situation) : «  Il y a des erreurs d'analy se qui sont la marque d'une cécité, qui est elle-même le signe d'une paresse intellectuelle. Ce sont des fautes professionnelles. Ce sont les pires  ». Et, en guise d'épilogue, rapporter la réflexion de Gianrico Carofiglio, député du Parti Démocrate Italien, qui, devant le recours systématique des députés « berlusconiens » à l'argument : «  Nous avons la force du nombre, nous faisons ce que nous voulons. Un point, c'est tout »  conclut : «  La force du droit a été remplacée par le droit de la force  ». On ne saurait mieux dire !

Et, allez! Au diable les varices! Au risque de retourner le couteau dans la plaie, je publie aussi la maquette de cette formation, avec le nom des intervenants et tout et tout. Il ne restait plus qu'à commencer... Alors, je la poste en premier.

------------------------------------------------------------ *L'affaire s'étant étalée sur 4 ans (2004-2008), certaines lettres rapportées dans le dossier avaient été adressées au Président de l'époque, Gilles Demailly)

lire la maquette
lire le dossier au Président
lire la lettre ouverte aux étudiants
lire la lettre "je m'accuse"
lire la lettre "merci beaucoup"

     

© Esteve Freixa